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Salon du livre de Montréal

Posté le 10/10/2021

horaire des dédicaces au salon du livre de Montréalhoraire des dédicaces au salon du livre de Montréal

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Article paru dans le journal francophone de Fort McMurray

Posté le 27/07/2021

https://lefranco.ab.ca/isabelle-joannette-evacues-feux-foret/

 

Voici un extrait de cet article. Pour lire l'article complet, je vous suggère d'utiliser le lien ci-haut.

 

Technicienne en éducation spécialisée au Québec, Isabelle Joannette, 41 ans, travaille avec des enfants autistes. Son travail l’a inspirée pour écrire des ouvrages pédagogiques pour aider les enfants en difficulté d’apprentissage. Plus tard, sur les conseils de son éditrice scolaire, elle décide d’écrire pour les adultes. 

Son premier roman s’appellera Évacués, en hommage aux victimes des incendies qui ont ravagé Fort McMurray, il y a cinq ans.

En écoutant les nouvelles, Isabelle Joannette a été émue par les propos d’un journaliste interviewant un Québécois qui rentrait chez lui au Québec, suite au drame : «vous venez d’écouter l’histoire d’une personne, mais il y en a 80 000 qui ont dû quitter Fort McMurray et qui auraient, elles aussi, des choses à raconter ». 

Cet extrait sonne comme un déclic chez Isabelle. Elle décide d’en faire son point de départ pour écrire son roman, en inventant des personnages qui racontent l’incendie, l’évacuation et la façon dont ils se remettent de cette tragédie.

 

Une fiction inspirée de la réalité

L’auteure n’a pas vécu la catastrophe, mais a regardé les nouvelles, lu des articles sur internet, vu des vidéos, écouté des témoignages, et contemplé des photos pour créer des histoires vraies en apparence.

Son chapitre sur l’évacuation a été scrupuleusement respecté dans la chronologie des faits, «je voulais vraiment que l’histoire ait l’air vraie». C’est un roman, car les personnages n’existent pas, mais sont vraisemblables. L’auteure s’est inspirée de ce que les gens ont vécu pour les produire. 

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Entrevue radiophonique

Posté le 05/05/2021

Écoutez mon entrevue avec une journaliste de Radio-Canada. Merci à Geneviève Potvin pour son excellent travail de montage! Merci à Lyne Lemieux, recherchiste, de m'avoir donné cette chance inouïe!.

https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/la-croisee/segments/entrevue/353847/isabelle-joannette-roman-evacues-fort-mcmurray-feu

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Septième extrait

Posté le 22/02/2021

Septième extrait

Des opérations de secours s’organisent pour aller chercher des sinistrés qui se sont réfugiés dans un camp de travailleur à proximité de Fort Mc Murray.

 

Cette nuit-là, j’ai pas bien dormi. J’entendais beaucoup de gens ronfler et d’autres tousser. Certains se retournaient sans cesse dans leur lit, qui grinçaient chaque fois. Il y avait aussi ceux qui n’arrivaient pas à dormir et qui parlaient en chuchotant.

À mon réveil, j’étais de mauvaise humeur et affamée. Pour le déjeuner, on nous a servi du gruau et des salades de fruits en conserve. Pendant qu’on mangeait, maman a demandé à papa comment il se sentait. Il a répondu qu’il n’allait pas bien et qu’il croyait qu’il souffrait d’hyperglycémie. Il était faible et étourdi, et ressentait des picotements dans les doigts et les pieds. Il a ajouté qu’il était déshydraté et assoiffé. Pendant qu’il parlait, j’ai vu ses mains et ses bras trembler. Maman et moi sommes sorties avec lui pour attendre l’hélicoptère.

D’autres gens qui devaient être évacués d’urgence attendaient déjà. Il y avait un homme et une femme âgés, probablement accompagnés par leur fille et de leur petit-fils. J’ai aussi remarqué une femme enceinte avec son conjoint et un enfant d’environ deux ans. Ses contractions étaient commencées. En l’observant, je voyais ses traits tordus par la douleur. Elle serrait les dents et la mâchoire pour étouffer ses cris. Je pense que si elle se retenait, c’était pour ne pas faire peur à son fils. Malgré tout, des lamentations s’échappaient de sa bouche. Je la voyais se tenir le ventre et se plier sous l’effet de la douleur.

En la voyant ainsi, je me suis demandé si ça valait la peine de souffrir autant pour donner naissance à un bébé. Ça ne me donnait pas trop envie d’être mère un jour. Voir un accouchement dans un film, c’est rien, mais le voir dans la vraie vie, c’est traumatisant.

Lorsque la femme a perdu ses eaux, j’ai vu la flaque de liquide tomber à ses pieds. Elle a serré le bras de son conjoint et lui a dit qu’elle avait peur d’accoucher avant d’arriver à l’hôpital. Puis, le son de l’hélico est parvenu à nos oreilles. Quand il a atterri, une personne en est sortie et a annoncé qu’il y avait trois places à bord. L’agent de sécurité du camp a donc fait monter la dame enceinte, ainsi que son conjoint et son enfant. Une fois l’hélico décollé, quelqu’un nous a indiqué qu’un autre appareil arriverait bientôt. Maman et moi avons aidé papa à s’asseoir par terre et avons fait de même. C’est là que mon père est devenu subitement somnolent. Ce n’était pas bon signe. Quand l’hélico arriverait-il? J’avais l’impression que nous attendions depuis des heures, mais en réalité, ça faisait seulement dix minutes.

Quand la deuxième équipe de secours est arrivée, le couple de personnes âgées est monté en premier. Avant de monter à bord, papa nous a serrées dans ses bras, maman et moi, et nous a dit que tout s’arrangerait. Après notre étreinte, il a vomi.

J’ai regardé l’hélico s’envoler en faisant de grands bye bye, même si je savais que papa ne pouvait pas me voir. Maman m’a affectueusement secoué les épaules pour tenter de me réconforter. «Ne pleure pas, ma grande, m’a-t-elle dit. Ton père sera très bientôt à l’hôpital.» Je ne m’étais même pas rendu compte que je pleurais.

J’ai essuyé mes yeux et reniflé un coup.

Le père de Megan recevra-t-il les soins nécessaires avant qu’il ne soit trop tard?

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sixième extrait

Posté le 15/02/2021

Sixième extrait

Plongez au cœur de l’évacuation de la ville en feu avec la famille de Marie-Josée

 

À l’entrée de l’autoroute, c’était pare-chocs à pare-chocs. Je n’avais jamais vu un tel embouteillage. À mon grand soulagement, quand nous avons enfin pu atteindre la route 63, la circulation était plus fluide. Or, mon soulagement a été de courte durée. Sur l’accotement, il y avait une voiture en feu, alors que les pauvres passagers se tenaient sur le bord de la route.

—Comment cette voiture a-t-elle pris feu? me suis-je exclamée.

—Les arbres brûlent de chaque côté de la route et la braise vole dans tous les sens. Une rafale a sans doute propagé des flammes sur le véhicule, a expliqué Laurent.

—Alors, nous ne sommes pas en sécurité, même dans l’auto. J’ai peur, Laurent!

—Maman, de quoi tu as peur? s’est enquis mon fils.

—Du feu, mon chéri.

—Maman, il ne nous arrivera rien dans l’auto de papa.

—D’accord, tu as raison, mon chéri, ai-je répliqué en m’efforçant de me rallier à ces sages paroles.

J’ai allumé la radio. Au fond de moi, j’étais terriblement effrayée, mais j’avais décidé de ne plus parler pour ne pas inquiéter les enfants. Derrière nous, une sirène s’est fait entendre. Les secours arrivaient pour éteindre la voiture en feu et aider les passagers. Heureusement pour eux, ils se trouvaient encore tout près de la ville. Je ne crois pas qu’ils auraient été secourus aussi rapidement s’ils avaient été plus loin.

Joël a détaché sa ceinture, puis s’est retourné et assis sur les genoux pour regarder par la fenêtre arrière. Si Laurent avait vu faire par son rétroviseur, moi, je n’avais rien vu du tout.

—Joël, qu’est-ce que tu fais? a-t-il demandé.

—Je regarde les pompiers éteindre le feu qui brûle l’auto. Wow! Une ambulance arrive!

—Fiston, rassois-toi et attache ta ceinture, c’est dangereux.

—Mais papa, je veux voir les pompiers!

—Non, si tu n’es pas attaché et qu’on a un accident, tu te feras blesser.

—O.K,. papa. 

Après avoir décelé de la déception dans la voix de mon fils, j’ai entendu le clic de sa ceinture lorsqu’il s’est rattaché. Ce son m’a rassurée. Heureusement que Joël écoutait généralement bien nos consignes.

Une quinzaine de minutes plus tard, un bruit de craquement s’est fait entendre, suivi d’un boum assourdissant. Une grosse bourrasque inattendue et dans laquelle se trouvaient des tourbillons de cendres a nui à la visibilité de Laurent, au point de lui faire perdre le contrôle de la voiture; là, j’ai vraiment commencé à paniquer. J’ai fermé les yeux, puis ai entendu l’eau et le bruit rassurant des essuie-glaces. 

L’auto a dérapé et nous sommes sortis de notre voie, alors que nous étions sur le point de frapper le véhicule qui circulait à côté du nôtre.

 

La famille de Marie-Josée se retrouve en danger alors qu’elle cherchait à se mettre en sécurité… Qu’adviendra-t-il d’eux?

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Cinquième extrait

Posté le 08/02/2021

Andrew combat d’arrache-pied l’incendie de Fort McMurray avec son équipe.

Jour 5

Avec mon équipe, j’étais en train de débroussailler une zone pour limiter la propagation de l’incendie. Non loin de moi, j’ai aperçu un hélicoptère qui volait dangereusement bas. En l’observant, j’ai vu qu’il tanguait et qu’il semblait en difficulté.

Le pilote a perdu le contrôle, puis l’appareil est tombé sur la cime d’un arbre. Alors que le rotor tournait toujours, un craquement retentissant s’est fait entendre: les branches avaient cédé sous le poids. L’hélicoptère a chuté en entraînant de nombreuses branches avec lui. Dans sa descente, il a basculé et s’est écrasé sur le côté. D’abord, le vacarme de l’engin qui s’est écrasé, et ensuite, le bruit du pare-brise et des fenêtres qui ont éclaté. Si j’étais en train de regarder un film, je me serais attendu à voir une explosion. Mais heureusement, ça n’a pas été le cas.

Le rotor s’est détaché de l’appareil, et a été propulsé alors qu’il tournoyait toujours. J’aurais aimé voir cette scène au ralenti, mais ce n’est pas ce qui s’est passé. Avant que quiconque ne se rende compte de ce qui était en train d’arriver, l’énorme pièce s’est arrêtée à mes pieds. Elle s’est d’abord posée en équilibre, telle une pièce de monnaie qu’on lance pour jouer à pile ou face et qui tient quelques secondes debout avant de retomber. Bouche bée, je le regardais.

Après quoi, le rotor a perdu l’équilibre et est tombé sur moi, non sans me renverser sous son poids. Plusieurs collègues sont alors accourus dans ma direction. Deux d’entre eux ont eu l’idée d’utiliser un outil pour improviser un levier. Ils ont tenté de soulever la pièce pour me libérer, tandis qu’un autre m’a saisi sous les aisselles afin d’essayer de me tirer de là.

—Il est toujours coincé. Les gars, il faut soulever plus.

—Impossible, c’est trop lourd. Nous ne pouvons pas soulever plus.

—Andrew, peux-tu respirer?

—C’est douloureux, ai-je répondu péniblement.

—Tommy, il faut dévisser le rotor et le démonter afin de libérer Andrew.

—Je vais chercher mes outils, de répondre Tommy.

Puis, j’ai vu Michaël s’approcher de moi à pas hésitants.

—Andrew?

—Quoi, Michaël?

—J’ai pas une bonne nouvelle!

—Qu’est-ce qui se passe?

—Je crois que la pilote de l’hélico est ta femme!

—De quelle couleur sont ses cheveux?

—Noirs.

—Sont-ils très longs?

—Oui, je suis désolé.

—Comment va-t-elle?

—Elle est morte, a répondu mon ami d’une voix si basse que j’ai eu du mal à l’entendre.

—Va la prendre en photo avec ton téléphone et montre-la-moi. Ce n’est peut-être pas elle!

—Ce n’est pas une bonne idée, Andrew.

—Pourquoi? ai-je répliqué, le souffle court.

—C’est vraiment pas beau à voir!

—Prends cette fichue photo, Mike! ai-je insisté en sentant ma voix fléchir.

—D’accord, comme tu veux.

Michaël est donc retourné à l’hélico. De mon côté, j’éprouvais de plus en plus de difficulté à respirer. J’étais en sueur et j’avais très mal au thorax. Mes collègues qui maintenaient le levier forçaient beaucoup. L’un d’eux a demandé d’être relayé, car il ne pouvait plus tenir. Quelqu’un est venu le remplacer, alors que ceux qui dévissaient les boulons ont accéléré la cadence. J’ai entendu mon lieutenant signaler l’accident et réclamer un hélico pour me transporter à l’hôpital dès que je serais libéré.

Quand Michaël est revenu, j’ai tendu une main tremblante vers lui. Puis j’ai fermé les yeux et ai inspiré un grand coup, ce qui a provoqué un élancement dans ma poitrine. J’ai retenu ma respiration, sans savoir si c’était pour tenter de contrôler ma peur ou ma douleur. Si ce geste visait à me donner du courage, il était inutile. J’avais terriblement peur d’ouvrir les yeux et de découvrir Jamie sur la photo. C’est à ce moment que j’ai senti mon ami me serrer la main. Sa poigne avait beau être chaude et réconfortante, je me sentais glacé dans tout mon corps. Glacé et terrifié!

Ne pouvant plus retenir mon souffle, je me suis remis à respirer. En ouvrant les yeux, mon cœur s’est affolé. Les cheveux cachaient l’œil droit et une partie du visage de la pilote. Quant à l’œil découvert, il était tuméfié. La bouche était fendue et enflée, et il y avait beaucoup de sang. C’était difficile de distinguer les traits du visage de la victime.

Je préférais me dire le mot victime que le nom de Jamie. Michaël avait raison. Tout laissait croire qu’il s’agissait de ma femme. J’éprouvais encore plus de mal à trouver mon souffle. Sans doute à cause des terribles émotions qui me dévoraient de l’intérieur. J’avais l’impression qu’elles me faisaient davantage souffrir que mes douleurs physiques qui étaient pourtant atroces. Je préférais me tordre de douleur que d’avoir le cœur en mille morceaux. Je ne voulais pas vivre sans ma Jamie.

La peur au ventre, j’ai poursuivi mon examen de la photo. Un morceau du pare-brise brisé était logé dans le cou de la victime. Il avait probablement sectionné la carotide, car le sang avait giclé partout. Les cœurs sensibles préfèrent ne pas regarder de telles scènes. Ressentant un haut-le-cœur devant cette photo de malheur, j’ai détourné le regard quelques instants avant de la regarder à nouveau. Cette fois, mes yeux se sont attardés sur le cou du pilote. Je ne voyais pas le gros grain de beauté que Jamie avait dans le creux de la gorge à cause du sang et des éclats de verre qui la recouvraient. Mais quelque chose me chicotait. Avec le peu de force et de souffle qui me restaient, j’ai crié:

—Jaaaaaaaamiiiiiiiiiiiie! Nooonnnnn!

Enragé par ce que mes yeux voyaient, j’ai lancé le cellulaire. Ma rage était entremêlée de désespoir. Autour de moi, c’était le silence total. Puis j’ai perdu connaissance.

Andrew survivra-t-il à cet accident? Qu’adviendra-t-il de ses enfants s’ils deviennent orphelins?

 

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Quatrième extrait d'Évacués

Posté le 01/02/2021

Quatrième extrait

Faites connaissance avec Andrew, un courageux pompier forestier.

Je suis né et j'ai toujours vécu à Lac Labiche. Quand j'étais tout petit, derrière la maison, mon père avait construit une grande galerie recouverte d’un petit toit. Le balcon au complet était muni de moustiquaires. Ma mère adorait se bercer là, le soir, pour profiter de la fraîcheur des brises d’été, bien à l’abri des moustiques et autres insectes.

L’année de mes onze ans, ma famille et moi avons été chassées de la maison par un feu de forêt. À la télévision, j’ai vu les images des pompiers forestiers, alors qu’ils combattaient l’incendie. Ils ont été filmés par un journaliste en hélicoptère. Le plus incroyable c’est que la scène a été filmée chez moi. Des images vraiment impressionnantes! On voyait de la fumée sortir du toit de la galerie, pendant que les pompiers arrosaient la maison. Ensuite, l’un d’eux est monté sur le balcon et a défoncé le toit avec sa hache. Une mer de feu en est sortie et les flammes ont déferlé sur les moustiquaires et les planches du balcon. Avec de l’eau et un extincteur de fumée, ils ont tout éteint et sauvé notre demeure. Quand nous sommes revenus chez nous, j’étais fasciné de voir que la maison n’avait pas brûlé. C’est à ce moment que j’ai su ce que je ferais, plus tard, comme métier.

Quand j’ai annoncé à mes parents que je souhaitais devenir pompier forestier, ma mère a jugé que ce n'était pas une bonne idée, du fait qu’il s’agissait d’un métier dangereux. Mon père ne s’inquiétait jamais de rien, alors que ma mère, elle, s’en faisait pour bien des choses. Voilà un portrait simple de mes parents!

Finalement, ma mère s’est fait juste un peu de mauvais sang pendant ma formation de pompier. Ce qui l'a aidée, c'est que mon père a toujours eu les bons mots pour la rassurer. La première fois qu’elle m’a vu en uniforme, elle m’a dit que j’étais un beau jeune homme et que je briserais bien le cœur de bien des jeunes femmes. Cette phrase qu'elle m'a dite m’a donné l'idée de me rendre dans les bars en uniforme quand j'avais envie de draguer des filles. Ce stratagème m’a valu quelques conquêtes!

Le jour où j’ai reçu une médaille de bravoure, ma mère a assisté à la cérémonie en pleurant comme un veau, tellement elle était fière et émue. Le geste qui m’a fait gagner cette médaille s’est déroulé durant le premier été où j’ai travaillé comme pompier forestier.

Je suis parvenu à sauver une famille de campeurs que tous mes coéquipiers croyaient condamnée. Personne n’osait s’approcher de leur tente, car le brasier était trop fort et les arbres autour tombaient comme des mouches. Ce jour-là, j’ai fait preuve de témérité pour les secourir. Le père de famille était le seul à être conscient et à crier au secours, sa conjointe et leurs deux enfants s’étant évanouis à cause de la fumée. Je voulais sauver les enfants d’abord, mais le père a dit que sa conjointe était brûlée, que les blessures semblaient sérieuses et qu’il voulait que je la sorte de là avant les gamins.

J’ai carrément sauté à travers les flammes avec la femme dans mes bras, pendant que mes collègues m’arrosaient. Ce fait, mon lieutenant ne voulait pas que j’y retourne, mais j’ai fait fi de son ordre. Cette fois, Michaël, un de mes coéquipiers, m’a suivi. On a pris chacun un enfant dans nos bras et ensuite, j’y suis retourné pour chercher l’homme, qui avait finalement perdu connaissance à son tour. J'ai eu du mal à le tirer de là, car il était costaud. Mes collègues ont réussi à créer une brèche dans le cercle de flammes qui m'entouraient, ce qui fait que je suis parvenu à réaliser ce sauvetage incroyable.

Puisque l’homme était en arrêt respiratoire quand je l’ai tiré du feu, mon lieutenant a dû entreprendre les manœuvres de réanimation.

 

La victime, sauvée in  extremis des flammes, survivra-t-elle?

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Troisième extrait d'Évacués

Posté le 25/01/2021

Profitez d’un agréable moment en vacance avec la famille de Marie-Josée.

 

Notre voyage avait été bien planifié. Ayant fait des recherches sur le web pour trouver des lieux où camper, nous avions enregistré les adresses dans le GPS. L’un des endroits que nous avons visités s’appelle le parc national du Mont-Riding, situé au Manitoba. Nous y avons dormi quatre nuits. Durant notre séjour, nous avons fait du canot sur l’un de ses nombreux lacs, nous nous sommes baignés et nous avons fait quelques randonnées pédestres au cours desquelles nous avons eu la chance d’observer des animaux sauvages.

Dans ce parc, il y a aussi un enclos pour abriter un troupeau de bisons. Nous avons donc vu de près ces imposants animaux, les plus laids que Joël avait vus jusque-là, selon ses dires!

La nuit, à partir de notre terrain de camping, nous entendions parfois des loups hurler. La première fois que Joël les a entendus, il a eu très peur. Il s’est réveillé en pleurant, craignant de se faire manger par les bêtes. Laurent l’a rassuré en lui promettant qu’il était en sécurité dans la tente.

—Si tu as très faim et que tu manges juste un biscuit, est-ce que ce sera assez pour toi? lui a-t-il demandé.

—Non.

—Si tu as très faim et que tu as le choix entre un Joyeux festin cheeseburger ou un biscuit, que choisiras-tu?

—Le Joyeux festin cheeseburger!

—Toi, tu es comme un biscuit, alors que les bisons, les wapitis et les autres animaux du parc sont comme un Joyeux festin cheeseburger. Que crois-tu que le loup voudra manger?

—Les animaux.

—Exact. Alors, tu n’as pas à t’inquiéter des loups! 

Cette comparaison géniale a su faire taire les craintes de notre fils.

 

                                                                 Quelles seront les prochaines aventures de cette famille?

 

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Deuxième extrait d'Évacués

Posté le 18/01/2021

 

Vivez un moment émotif avec Megan, une adolescente qui vous partage son journal intime.   

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Cher journal,

Grand-papa est dans le coma depuis un mois et grand-maman a décidé de faire débrancher ses appareils médicaux. Je suis dans l’auto avec mes parents et nous roulons vers l’hôpital. La radio est fermée et j’entends maman sangloter. Papa roule lentement et j’ai l’impression que le temps file au ralenti. En plus, il pleut, dehors, ce qui rend l’ambiance encore plus lourde. De temps en temps, un éclair traverse le ciel en silence, sans qu’on   entende de coup de tonnerre.

Dans quelques heures, grand-papa sera mort et demain, ce sera ses funérailles. Oups, une larme vient de tomber sur ta page. Je pense donc qu’il est temps d’arrêter d’écrire...

 

Cher journal,

Comme tu dois t’y attendre, je t’écris à partir de ma chambre chez grand-maman. À l’hôpital, nous étions beaucoup dans la chambre de grand-papa. Nous lui avons tous dit adieu.

Mon oncle, sa femme (que j’appelle ma tante), et mes deux cousins sont venus aussi. Il y avait également la sœur de maman qui est célibataire et qui n’a pas d’enfant. Petite, j’étais déçue qu’elle n’ait pas d’enfant parce que j’aurais aimé avoir des cousines avec qui jouer aux poupées et aux Barbie.

Dans la chambre d’hôpital, quand le son des machines nous a fait savoir que tout était fini, tout le monde s’est mis à pleurer. La seule personne qui a réussi à mettre son chagrin de côté pour consoler grand-maman, c’est papa. Quand je l’ai vu la prendre dans ses bras, j’ai eu envie d’aller les serrer tous les deux, mais à la place, je suis restée figée sur place.

Tout à coup, j’ai eu envie d’un câlin, moi aussi, alors, je me suis rapprochée un peu de maman qui était juste à côté de moi, et elle m’a serrée contre elle en ravalant un sanglot.

Je sais pas combien de temps nous sommes tous restés autour du lit de mon grand-père, mais au bout de je ne sais combien de temps la voix d’une infirmière est venue briser le silence de mort qui régnait dans la pièce.

Elle s’est excusée en nous disant doucement qu’il fallait partir pour laisser les employés de la morgue faire leur travail. En entendant le mot morgue, je me suis mise à frissonner.

Mes cousins ont réagi les premiers en sortant de la chambre et d’autres ont suivi le pas. Avant de sortir, je me suis jetée sur grand-papa pour lui faire un dernier câlin auquel il n’a pas répondu. Je pense que c’est là que j’ai vraiment pris conscience de ce qui venait de se passer. Je voulais pas le lâcher. Son corps était devenu tiède, presque froid, et ça me donnait des sensations bizarres. C’est papa qui m’a décrochée de là et tirée hors de la chambre.

Je pleure en te racontant tout ça. Ta page est trempée, alors je pense qu’il est temps que j’arrête d’écrire; encore...

                                         Comment Megan traversera-t-elle sa période de deuil?

Premier extrait d'Évacués

Posté le 10/01/2021

 chapitre 1: la vie avant l’évacuation

Dans cet extrait, un personnage prénommé Travis se présente aux lectorat.

 

Chu un franco du Nouveau-Brunswick avec mon accent pis toute, mais j’parle pas pire anglais, comme on dit. À trente et un an, j’tais célibataire. J’avais pas d’enfants, pas de job, pas de maison, pas d’attache, quoi! J’restais encore chez mes parents et en 2010, j’ai décidé de m’installer à Fort McMurray. L’industrie pétrolière avait besoin de main-d’œuvre et les salaires étaient bons, paraissait-il. 

J’ai mis ma télé et mon ordi dans mon char, j’ai acheté deux valises pour transporter mon linge et ma mère m’a dit: «Travis, t’es sûr de vouloir t’en aller dans l’bout du monde?» Elle pleurait et pensait qu’elle me reverrait pus jamais. J’lui ai promis que j’allais revenir la voir au moins une fois par an. Mon père, lui, trouvait que j’avais des couilles de partir si loin pour chercher fortune. Il a même dit à ma mère que j’allais pas au bout du monde, juste au bout du Canada!

Quand chu arrivé en Alberta, j’ai d’abord pris une chambre d’hôtel, le temps de trouver un appart. J’savais pas que toute coûtait cher, là-bas. Le seul appart que j’ai pu me payer était un logement en colocation avec d’autres gens qui s’étaient exilés de leur coin de pays pour la même raison que moé.

Attention, ce logement, c’était pas l’grand luxe. C’était un trois et demi. J’avais deux colocs qui s’étaient achetés des lits superposés pour la chambre. Moi, j’dormais sur le divan-lit du salon.

J’vivais avec Louis, un Québécois, et George, un Ontarien. La blonde et les enfants de Louis étaient restés au Québec. Lui, y travaillait juste quelques mois par année icitte, pis ensuite, y retournait voir sa famille. George était célibataire et vivait icitte à temps plein. Quand Louis retournait au Québec, j’pouvais prendre son lit dans la chambre.

En cherchant une job, j’ai compris que j’avais pas les compétences pour travailler dans les champs pétroliers. J’ai été gnochon d’penser qu’avec juste un diplôme d’études secondaires en poche, j’aurais une job qui remplirait mon portefeuille de gros billets. Tout ce que j’me suis déniché, c’est une job de plongeur dans un resto.

Mes patrons s’appelaient Williams. Deux frères et une sœur étaient les proprios du resto. J’étais payé 15$ de l’heure. C’était pas à ça que j’rêvais, mais j’étais surpris de voir que c’était mieux payé que les mêmes genres de jobs par chez nous. J’ai vite compris que si les salaires étaient plus gros, c’était parce qu’icitte, le coût de la vie était délirant.

Quelques mois après mon arrivée, j’me suis acheté une moto. J’ai toujours rêvé d’en avoir une. C’est mon colocataire George qui m’a appris à la conduire. Pis, le temps a passé sans qu’y s’passe rien d’intéressant dans ma vie.

Un soir qu’on avait bu une couple de bières, j’ai demandé à Louis pourquoi sa famille venait pas s’installer icitte avec lui. Y m’a répondu qu’une place en garderie coûte 1800$ par mois à Fort McMurray. Avec deux enfants, la facture serait trop salée. Comme j’avais la bouche pleine de peanuts quand y’a prononcé le mot salé, chu parti à rire et j’me suis étouffé. Louis m’a tapoché le dos pour m’aider à arrêter de tousser et m’a dit, en français: «Eh, mon ami, étouffe-toi pas pour si peu!». Lui pis moé, on s’parle souvent en français et ça m’fait du bien parce que toujours parler anglais, ça me pèse un peu à la longue!

J’me suis mis à me demander une chose… si j’avais eu une blonde pis des enfants, est-ce que j’aurais été capable de les laisser en Acadie pour venir travailler icitte? J’pense pas. Comment j’aurais fait vivre ma famille? Et si j’rencontrais quelqu’un dans le coin, j’me disais que j’pourrais pas faire vivre une famille icitte avec une job de plongeur. Il fallait que j’trouve un moyen d’améliorer mon sort, sinon ça me servirait à rien de rester icitte. L’alcool que j’ai bu m’a donné un petit down et j’ai décidé d’aller m’coucher parce que j’voulais pu penser à rien, ce soir-là.

Mes patrons étaient gentils, mais j’voulais pas rester plongeur toute ma vie. Donc, j’ai réfléchi à ma situation et j’me suis mis en mode recherche de solution. Ça faisait deux mois que j’travaillais au resto quand j’ai eu une idée.

Quelle est cette fameuse idée de Travis pour se forger un meilleur avenir?

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